Les quatre évêques sacrés le 1er juillet
Les Abbés Schreiber, Goldade, Poinsinet de Sivry seront consacrés évêques ce mois de juillet 2026 par la FSSPX.

Les Abbés Schreiber, Goldade, Poinsinet de Sivry seront consacrés évêques ce mois de juillet 2026 par la FSSPX.
Ce compte rendu de l’annonce de leurs noms est la traduction de celui paru en anglais, sur ce même site, le 26 mai 2026, jour de l’annonce.
A friend of The WM Review kindly submitted this translation of our article about the four new future bishops of the SSPX (26th May 2026).
L’identité des quatre évêques
La Fraternité Saint-Pie-X a annoncé procéder, le 1er juillet 2026, au sacre épiscopal de :
M. l’Abbé Pascal Schreiber
M. l’Abbé Michael Goldade
M. l’Abbé Michel Poinsinet de Sivry
M. l’Abbé Marc Hanappier.
Ces hommes ont tous été formés dans les séminaires de la FSSPX, et ordonnés prêtres par ses évêques.
Le communiqué a indiqué que leurs noms ont déjà été transmis au Vatican de Léon XIV, avec une justification de la nécessité des sacres. Il a affirmé également que ces consécrations “ne procèdent d’aucune volonté de revendiquer un pouvoir de juridiction, ou d’établir une autorité parallèle dans l’Eglise. Ils ne constituent en aucune manière une négation, un refus ou un défi lancé au pouvoir de juridiction suprême, plénier et immédiat du Vicaire du Christ sur l’Église universelle.”
“La cérémonie du 1er juillet” est-il ajouté, “n’aura d’autre but que de maintenir l’administration des sacrements de l’ordre et de la confirmation, ainsi que celle des sacramentaux réservés aux évêques, selon le rite traditionnel de la sainte Eglise romaine, et la foi de toujours.”
Le communiqué contient aussi une brève présentation de chacun des futurs évêques.
L’Abbé Pascal Schreiber
Suisse
Agé de cinquante trois ans
Entré au séminaire de Zaitzkofen en 1992, avant de rejoindre le séminaire d’Ecône
Ordonné en 1998
Econome du district de Suisse pendant deux ans à partir de 2014, puis supérieur du district
Recteur à Zaitzkofen depuis 2020
Parle allemand, français et anglais
L’Abbé Michael Goldade
Américain
Agé de quarante cinq ans
Formé au séminaire de Winona
A exercé le ministère à Armada, dans l’Etat du Michigan
A dirigé le maison d’exercices spirituels de Ridgefield
Prieur dans le Kansas depuis 2014
Assistant du supérieur du district des Etats-Unis depuis 2021
Recteur du séminaire Saint-Thomas d’Aquin, en Virginie, depuis 2023
Parle anglais, a étudié le français, possède des notions d’italien
L’Abbé Michel Poinsinet de Sivry
Français
Agé de quarante deux ans
A étudié á Flavigny et Ecône
Ordonné en 2008
A travaillé dans les écoles françaises de la Fraternité et à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet
Directeur du collège-lycée Jean-Baptiste de La Salle à Camblain-l’Abbé autour de 2016
Supérieur du district du Benelux depuis 2022
Parle français et anglais, étudie l’allemand et le néerlandais
L’Abbé Marc Hanappier
Français
Agé de trente cinq ou trente six ans (né en 1990)
A étudié à Flavigny et Ecône
Ordonné en 2013
A débuté son ministère dans les écoles de la FSSPX
A passé un an à perfectionner son anglais en Ecosse (!)
Professeur au séminaire de Virginie en 2020 (métaphysique et théologique dogmatique)
Continuant le ministère pastoral le dimanche
Parle français et anglais, a étudié l’allemand, a des notions d’espagnol.
Historique des sacres épiscopaux dans la Fraternité
En 1988, Mgr Marcel Lefebvre consacrait évêques les prêtres suivants, contre la volonté de Jean-Paul II :
Bernard Tissier de Mallerais (français)
Richard Williamson (anglais)
Bernard Fellay (suisse)
Alfonse de Galarreta (argentine)
La Lettre de Mgr Lefebvre aux quatre futurs évêques, en 1987, expose de façon succincte quelles furent ses motivations en accomplissant cet acte capital :
Après la mort de Mgr Tissier de Mallerais en 2024 – et après celle de Mgr Williamson en 2025, expulsé dès 2012 – la Fraternité a annoncé, le 2 février 2026, qu’elle marcherait sur les traces de Mgr Lefebvre : plusieurs évêques seraient consacrés le 1er juillet 2026, et ce apparemment sans la permission de Léon XIV.
Cela représente la deuxième initiative de sacrer dans la Fraternité Saint-Pie-X depuis 1988, et non la première comme beaucoup le pensent.
Ce qui arriva en 1988 – Les excommunications
Selon la loi canonique (actuelle), la consécration d’évêques sans mandat papal est punie d’une excommunication latae sententiae, excommunication pour qui consacre et pour qui est consacré.
En 1988, le Vatican avait réagit en quelques heures, déclarant que les six évêques impliqués (Lefebvre, de Castro Mayer, Fellay, Williamson, de Galarreta et Tissier de Mallerais) s’étaient en effet excommuniés eux-mêmes. Cette déclaration fut formulée par la Congrégation des Évêques, le 1er juillet 1988.
En réponse, les supérieurs de district de la FSSPX publièrent une Lettre ouverte très ferme, qui affirmait :
“…nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’Eglise conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missæ, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d’Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable.
Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à Son unique Épouse, l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.
Etre donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Eglise…”
Quoiqu’en accord avec l’esprit de ces propos, nous ne pouvons souscrire à l’idée qu’une excommunication prononcée par un vrai Pape puisse être “une marque d’honneur.” La proposition suivante, que l’on doit à l’hérétique anglais John Wycliffe, fut condamnée par la lettre Super periculosis, en 1377 :
“La malédiction ou l’excommunication ne lient pas purement et simplement, mais seulement lorsqu’elles sont portées contre un adversaire de la loi du Christ.”1 (DH 1131)
Le motif veritable pour ignorer ces excommunications ou les traiter comme marques d’honneur – motif malheureusement non reconnu – est qu’elles procèdent d’hommes dépourvus de l’autorité papale.
Réactions, défections et réconciliations
Les sacres déclenchèrent un certain nombre de défections au sein des rangs de la Fraternité. Aidés par un ancien de la Fraternité, et ex-”sédévacantiste”, le P. Louis-Marie de Blignières (de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier), un certain nombre de prêtres se réconcilièrent avec le Vatican. Ainsi naquit la Fraternité Saint-Pierre.
Mgr Lefebvre attira beaucoup lui-même l’attention sur la réconciliation de dom Gérard Calvet (qui avait été un collaborateur) et du monastère bénédictin du Barroux. Le monastère fut élevé au rang d’abbaye. Dans l’une de ses dénonciations de dom Gérard, Mgr Lefebvre dit :
“Dom Gérard n’a toujours vu que la liturgie et la vie monastique. II ne voit pas clairement les problèmes théologiques du Concile, de la liberté religieuse. Il ne voit pas la malice de ces erreurs. Il n’a jamais été très soucieux de cela. Ce qui le touchait, c’était la réforme liturgique, la réforme des monastères bénédictins. Il est parti de Tournay en disant : “je ne peux pas accepter cela”. Alors, il a reformé une communauté de moines avec la liturgie, dans la pensée bénédictine. Très bien, c’était magnifique. Mais je pense qu’il n’a pas suffisamment mesure que ces reformes qui l’avaient amené à quitter son monastère étaient la conséquence des erreurs qui sont dans le Concile. Pourvu qu’on lui accorde ce qu’il cherchait, cet esprit monastique et la liturgie traditionnelle, il a ce qu’il veut et le reste lui est indifférent. Mais il tombe dans un piège, car les autres n’ont rien cédé sur ces faux principes.
C’est dommage, car cela fait tout de même soixante moines, dont une vingtaine de prêtres et trente moniales. II y a presque une centaine de jeunes qui sont là, complètement désemparés et dont les familles sont inquiètes ou même divisées.
C’est désastreux.”
Lors d’une autre allocution, il déclarait :
“Plus on analyse les documents de Vatican II et l’interprétation qu’en ont donnée les autorités de l’Eglise, plus on s’aperçoit qu’il s’agit non seulement de quelques erreurs, l’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, un certain libéralisme, mais encore d’une perversion de l’esprit. C’est toute une nouvelle philosophie, basée sur la philosophie moderne du subjectivisme.”
Trente huit ans passés dans un tel paradigme rendent improbable une séparation de nombreux prêtres et religieux avec la Fraternité après ces sacres, quand bien même une autre excommunication serait censée avoir été encourue. Il a été affirmé, toutefois, que cela pourrait ne pas être autant le cas pour les prêtres ordonnés après la “levée des excommunications” de 2009.
Indéniablement, cette levée des excommunications a légitimé la Fraternité aux yeux d’un grand nombre, provocant l’affluence de certaines personnes cherchant la Messe en latin sans partager les positions de la Fraternité sur la Crise de l’Eglise. Il semble probable qu’au moins certaines d’entre elles se sépareront de la Fraternité si l’excommunication est bien confirmée.
Mgr Lefebvre évoqua ce genre de séparations, tant dans le clergé que chez les laïcs, en 1990 :
“Nous n’avons pas à hésiter une minute, si nous voulons ne pas nous retrouver avec ceux qui sont en train de nous trahir. Il y en a qui ont toujours envie de regarder de l’autre côté de la barrière. Ils ne regardent pas du côté des amis, de ceux qui se défendent sur le terrain même du combat, ils regardent toujours un peu du côté de l’ennemi.
Ils disent qu’il faut être charitable, avoir de bons sentiments, qu’il faut éviter les divisions. Après tout, ces gens là disent quand même la bonne messe, ils ne sont pas si mauvais qu’on le dit…
Mais ils nous trahissent. Ils donnent la main à ceux qui démolissent l’Église, à ceux qui ont des idées modernistes et libérales, pourtant condamnées par l’Eglise. Donc maintenant, ils font le travail du diable, eux qui travaillaient avec nous pour le règne de Notre Seigneur et polir le salut des âmes.
« Oh, pourvu qu’on nous accorde la bonne messe, on peut donner la main à Rome, il n’y a pas de problèmes ». Voilà comment ça marche ! Ils sont dans une impasse car on ne peut pas à la fois donner la main aux modernistes et vouloir garder la Tradition.
Qu’on ait des contacts pour les ramener à la Tradition, les convertir, à la rigueur. C’est le bon œcuménisme. Mais donner l’impression qu’on regrette presque, et qu’après tout on irait bien parler avec eux, ce n’est pas possible. Comment parler avec ceux qui maintenant nous disent que nous sommes figés comme des cadavres ? Selon eux, nous ne sommes plus la Tradition vivante, nous sommes des gens tristes, « sans vie et sans joie ». C’est à croire qu’ils n’ont jamais fait partie de la Tradition ! C’est invraisemblable. Comment voulez-vous que l’on puisse avoir des rapports avec ces gens-là ?
C’est ce qui nous pose parfois des problèmes avec certains très bons laïcs, qui sont pour nous et qui ont accepté les sacres, mais qui ont comme une espèce de regret intime de ne plus être avec ceux avec lesquels ils étaient auparavant, ceux qui n’ont pas accepté les sacres et qui maintenant sont coutre nous. « C’est dommage, je voudrais bien aller les retrouver, boire un verre avec eux, leur tendre la main ». Cela c’est de la trahison, parce qu’à la moindre occasion ils partiront avec eux. Il faut savoir ce que l’on veut.”
Ce n’est pas la première fois, depuis 1988
C’est pour la seconde fois que FSSPX va consacrer des évêques depuis les sacres de 1988. Ce fait n’est pas très connu, et il n’en est pas fait état dans la plupart des discussions.
En 1991, peu après les premiers sacres, trois des évêques de la Fraternité sacrèrent l’Abbé Licinio Rangel pour le reste catholique du diocèse de Campos. Le quatrième évêque, Mgr Fellay, et le supérieur général, l’abbé Schmidberger, y assistèrent. Il n’est pas clair si pour ce sacre la permission du Vatican fut demandée.
Mgr Rangel mourut en 2002, après avoir conclu un accord avec le Vatican en 2001.
Dans ce contexte, Fernando Arêas Rifan succéda à Mgr Rangel à la tête de son groupe. Son sacre par le Cardinal Darío Castrillón Hoyos fut rendu certainement valide par la participation de Rangel comme co-consécrateur.

Malgré qu’il ait été l’un des plus vigoureux défenseurs de la Tradition catholique au temps de Mgr de Castro Mayer, et qu’il l’ait assisté lors de la cérémonie des sacres de 1988, Rifan a été photographié en train de concélébrer la messe du Novus Ordo avec François à la résidence Sainte-Marthe.
Le sacre de Mgr Rangel semble être quasiment oublié – bien qu’il ne le soit pas des prêtres ordonnés par lui pour la FSSPX. Il n’était pas mentionné dans le décret de 2009 censé lever les supposées excommunications des quatre évêques de la FSSPX. Il est vrai, cependant, qu’en 2001 le Vatican a fait référence à “l’excommunication encourue le 28 juillet 1991”.
La validité des sacres
En février, nous évoquions la possibilité de voir sacrés des candidats ordonnés prêtres seulement putativement, avant de devenir membres de la FSSPX. La présente annonce confirme que cela ne sera pas le cas.
Un nombre restreint de membres et de ses collaborateurs de la FSSPX ont été ordonnés dans le nouveau rite d’ordination sacerdotale de Paul VI, ou ordonnés par des hommes dont le sacerdoce ou l’épiscopat dépendrait de la validité des nouveaux rites. Or, il en est parmi eux qui n’ont pas été réordonnés conditionnellement.
Pour des raisons déjà exposées – en accord avec bien des choses que Mgr Lefebvre dit et fit – les ordres putativement conférés dans ces rites sont au mieux douteux.2
C’est précisément ce genre de doute que Mgr Lefebvre a déclaré chercher à éviter par les sacres de 1988, et ce tant pendant la cérémonie elle-même qu’en d’autres occasions.
Potentielles excommunications
À l’approche du mois de juillet, le Vatican a adressé des avertissements à la FSSPX. Le 13 mai 2026 – date qui pourrait avoir été choisie délibérément – le cardinal Víctor Manuel Fernández a publié la déclaration suivante :
“Les ordinations épiscopales annoncées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X ne bénéficient pas du mandat pontifical correspondant. Ce geste constitue un acte schismatique (Jean-Paul II, Ecclesia Dei, n° 3), et “l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et comporte l’excommunication prévue par le droit de l’Église” (ibid., 5c ; cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative, 24 août 1996).”
L’annonce de l’identité des quatre évêques arrive moins de deux semaines après cette déclaration.
Pour l’heure, nous encourageons les lecteurs à prier pour tous les membres du clergés impliqués, ainsi qu’à prier pour une plus large reconnaissance du seul motif qui peut véritablement justifier ces sacres et protéger l’œuvre de la Fraternité Saint-Pie-X, à savoir la vacance prolongée du Saint-Siège.
Further reading:
Archbishop Lefebvre and the Conciliar Church
An updated edit of John Lane’s classic study:
What did Archbishop Lefebvre really think about the ‘Conciliar Church’?
Did Lefebvre see the Conciliar Church as a separate society to the Catholic Church?
Where is the Church today? Archbishop Lefebvre and the Conciliar Church
Archbishop Lefebvre and the Sacraments
Our series examining Archbishop Lefebvre’s words, ideas and deeds in relation to the Novus Ordo sacramental rites:
Archbishop Lefebvre & Conditional Confirmations—His pastoral practice explained
Archbishop Lefebvre & Conciliar Sacraments—Do they ‘come from the Church?’
Further material:
‘I do not hesitate to administer conditional confirmation when asked’—Archbishop Lefebvre
Classic study radically overstates Lefebvre’s position on holy orders
Is desiring the sacraments individualistic and emotional? Lefebvre and others answer
Archbishop Lefebvre and ‘The Pope Question’
A series of talks given in 1986 to seminarians and priests:
Archbishop Lefebvre: Three dispositions needed by priests and seminarians today
Archbishop Lefebvre: ‘Who is this man on the throne of Peter?’
+Lefebvre: ‘Any sensible man must ask’ if a heretic is still pope, can discuss with others
Summarised (and some what softened) in an English publication from the time:
Further material:
+Marcel Lefebvre’s glowing tribute to ‘sedevacantist’ Fr Henri Mouraux
‘Medieval peasants didn’t know the pope’s name, why should we care?’ +Lefebvre answers
Various Addresses
Post-Suspension
Lead-up to the Consecrations
(See also above under “The Pope Question”)
Post-Consecrations
Articles by our friends
Archbishop Lefebvre and Sedevacantism (John Daly)
Archbishop Lefebvre and The Sedevacantist Thesis (John Lane)
Archbishop Lefebvre and The Conciliar Popes (John Lane)
Fr. Celier’s Interpretation of Archbishop Lefebvre (John Lane)
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En outre, le même document condamnait cette autre proposition :
“‘L’excommunication par le pape ou un quelconque prélat n’est pas à craindre, car elle est une sentence de l’Antéchrist.” (DH 1180)
Wycliffe, comme beaucoup de protestants, considérait la papauté comme une institution-Antéchrist. Malgré certaines remarques de Lefebvre sur les récents prétendants à la papauté, qualifiés d’ “antichrists”, il est clair que ce n’est pas ce que pense la FSSPX.
Ce problème de validité ne saurait être résolu par un sacre valide, car les sacres épiscopaux “per saltum” (sacres d’hommes qui ne sont pas prêtres) sont eux-même, au mieux, douteux. Saint Thomas d’Aquin affirme :
“Mais le pouvoir épiscopal dépend du pouvoir sacerdotal au point que nul ne le peut recevoir s’il ne possède déjà celui-ci.” (ST, suppl., q. 4, a. 5)
Le Dictionnaire de théologie catholique présente la même position :
“Il faut reconnaître que la réponse presque unanime des théologiens modernes est affirmative : Omnes sentiunt ordinationem episcopi esse invalidam nisi præcesserit sacerdotium. [‘Tous considèrent que l’ordination épiscopale est invalide si elle n’est pas précédée du sacerdoce.’]” (vol. XI, col. 1387)
John Daly, qui a traduit ce passage en anglais, notait, soulignant le terme d’ “invalide”, que l’article cite ensuite diverses autorités théologiques à l’appui de cette affirmation, notamment saint Alphonse de Liguori, au livre VI, n. 793 de sa Théologie morale.



